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Qualité de l’air et vallée de l’Arve

9 octobre 2011, par WA

- Une enquête publique plus que bienvenue ou la population de la vallée de l’Arve est appelée à s’exprimer au vu d’une qualité de l’air bien trop souvent en opposition au mythe de l’air pur de nos montagnes.

Plan de Protection de l’Atmosphère de la vallée de l’Arve
Enquête publique : Exprimons-nous avant le 28 octobre

Voici des propositions de remarques à faire, à votre manière et selon vos
sensibilités, à l’attention de M. le Commissaire-Enquêteur :

Ce PPA s’imposait au vu de la mauvaise qualité de l’air que nous respirons.
Sa mise en place devrait représenter un ensemble de dispositions susceptibles d’améliorer une situation sans cesse dégradée.

Le diagnostic

a.. Il reflète hélas la réalité avec des taux hors la loi sur plusieurs
sites et pour plusieurs polluants.

b.. L’augmentation de la pollution à l’ozone démontre que nous sommes
confrontés à un problème de pollution généralisée due à l’activité humaine. Il faut donc s’attaquer à toutes les causes des émissions polluantes, sans exception, et ne pas concentrer toutes les contraintes sur les citoyens et les artisans locaux, en faisant l’impasse sur les secteurs industriels et des transports.

Rappel des parts de responsabilité de chaque secteur :

Transports : 80% des NOx – 25% des PM10 – 15% des HAP
Industrie : 10% des NOx – 20% des PM10 – 55% des HAP
Résidentiel : 10% des NOx – 50% des PM10 – 25% des HAP

c.. Les dépassements de dioxydes d’azote (NOx) concernent les abords de
nombreuses routes, et pas uniquement l’autouroute et la route d’accès au tunnel du Mont-Blanc. Il faudra donc améliorer les services ferroviaires et les
transports en commun, ainsi que développer le covoiturage et généraliser les pistes cyclables (ne pas hésiter à insister spécifiquement sur le point qui vous tient le plus àcœur).

Le périmètre

Il aurait pu intégrer l’ensemble de la vallée de l’Arve, comprise
l’agglomération franco-genevoise.

Santé

a.. Le lien de cause à effet entre la pollution atmosphérique et la
morbidité-mortalité est avéré. De nombreuses études confirment de façon
implacable les effets ravageurs d’un air pollué, sur les enfants, les personnes fragiles et toute personne exposée en permanence à des taux même moyens. Il en va de la santé publique et de la mise en danger des populations. La topographie de notre vallée, ses particularismes météorologiques et aérologiques sont des facteurs aggravants faisant du périmètre concerné une zone sensible.

b.. L’Institut de veille sanitaire en Région Rhône-Alpes affirme
d’ailleurs : “Pour protéger la santé des populations, il convient de réduire globalement les niveaux de pollution sur la vallée, toute l’année et pour l’ensemble des polluants.” (p.91 du dossier).

Efficacité

a.. Les mesures de réduction des émissions doivent s’avérer efficaces
pour ne pas se contenter de taux de pollution rentrés dans la loi, mais suffisamment ambitieuses pour que l’air redevienne de qualité en cette région touristique et en ce site à protéger.

b.. Cela doit passer, certes par un changement des comportements individuels (domaine résidentiel, chauffage, non brûlage des déchets verts, déplacements), mais aussi et surtout par des décisions courageuses à tous niveaux de compétences, réduisant les émissions du domaine industriel et celui des transports.

c.. Favoriser ces changements de comportements par des campagnes
d’information des citoyens, au sujet des pratiques les plus polluantes et de celles qui sont vertueuses, plutôt qu’une verbalisation intempestive et peu pédagogique.

Les mesures pérennes ou exceptionnelles proposées

a.. Ces mesures devront se traduire sur le terrain par une baisse du trafic
routier (personnes et fret international) et par une volonté sans faille à
ne pas tout sacrifier à la société autoroutière visée, que ce soit lors
d’épisodes de pics ou au quotidien. A terme, une véritable volonté de mise en place de solutions alternatives (tram-train, ceva et prolongement Saint-Gervais, report modal des marchandises) doit s’exprimer et être traduite dans les faits, les actes et sur le terrain.

b.. La période hivernale étant la plus problématique (les inversions de
températures concentrent les polluants au fond des vallées), il faudra appliquer des mesures spécifiques à cette période, telles que la limitation des
vitesses et l’interdiction aux poids lourds les plus polluants d’emprunter l’itinéraire du tunnel du Mont-Blanc.

c.. La part de responsabilité du chauffage est importante, mais elle ne
doit pas être exagérée. Le début de l’année 2011 a été particulièrement
mauvais en termes de qualité de l’air, mais la douceur des températures a fortement diminué les besoins en chauffage, ce qui tend à modérer l’impact du chauffage sur la qualité de l’air (n’hésitez pas à parler de votre propre baisse de consommation de combustible pour le chauffage pendant cette période).

d.. Les feux de déchets verts sont interdits, ainsi que l’écobuage, mais
aucune interdiction ne concerne les autres feux, tels que ceux autour des chantiers ou entreprises, où toutes sortes de déchets sont mis à feu, libérant des fumées très toxiques dans l’atmosphère.

e.. Dans les mesures temporaires, en cas de pic de pollution, il est
encourageant de lire que les camions seront redirigés vers le rail (Autoroute Ferroviaire Alpine), mais aucune mention de report vers le rail n’est faite dans les mesures permanentes ou saisonnières. D’importantes capacités ferroviaires existent pourtant (ligne historique du Mont-Cenis).

f.. Pour obtenir une diminution effective de la pollution globale il faudra
mettre en place, de manière perenne, le report du transport de marchandises vers le rail, tel qu’il est inscrit dans la loi Grenelle de l’Environnement, qui prévoit de faire passer la part des transports ferroviaires et fluviaux de marchandises de 14 à 25 % d’ici à 2022.

g.. D’après les modélisations proposées p.118, l’interdiction de circuler des poids lourds les plus polluants permettrait une très nette amélioration de la qualité de l’air. Il faut appliquer cette mesure rapidement pour des questions de santé publique.

h.. Les cartes présentées p.120 et 121 démontrent que l’application des
mesures du PPA conduirait à une forte amélioration de la qualité de l’air local. Il faut appliquer toutes ces mesures avec ambition et sans tarder.
Evaluation du PPA

L’évaluation de ce PPA chaque année doit, dès la fin 2012, montrer son bien
fondé, sous peine d’être taxé de gadget de circonstance, ce que personne ne
souhaite, habitants, élus et pouvoirs publics.

Exprimons-nous !
Quel que soit le contenu de nos contributions, il est primordial d’aller
s’exprimer en mairie ou par internet, afin de démontrer que les citoyens de la vallée de l’Arve et de ses coteaux se sentent très concernés par les conséquences sur leur santé de la mauvaise qualité de l’air qu’ils respirent. Vous pouvez adresser vos remarques et observations jusqu’au vendredi 28 octobre 2011 inclus dans les 41 mairies concernées.

Dossier complet téléchargeable sur ce lien.