"L’année 2026 sera l’une des plus froides du reste de nos vies" nous alertent les scientifiques. En ces temps de canicule, ne devient-il pas plus urgent que jamais de limiter nos émissions de gaz à effet de serre (GES) ?
Ce n’est assurément pas l’avis des promoteurs du projet d’autoroute du Chablais (A412), qui devraient pourtant être alertés par les conséquences qu’aurait ce projet sur le climat. En effet, l’étude d’impact nous apprend que l’autoroute amènerait 10% d’émissions de gaz à effet de serre supplémentaires par rapport à une situation sans projet [1].
Ce chiffre est à mettre au regard des objectifs français de baisse des émissions de GES de 50% d’ici 2030 (par rapport à 1990) et de neutralité carbone en 2050.
Soyons clairs : ces 10% de GES supplémentaires ne sont pas à évaluer par rapport à une situation de stabilité des émissions, elle même déjà catastrophique (!) : non, ces +10% de GES sont bien à comparer avec les -50% de l’objectif français (et européen) de réduction des GES.
C’est-à-dire qu’avec ce projet d’autoroute, non seulement on va droit dans le mur sans enfoncer la pédale de frein, mais on appuie sur celle de l’accélérateur.
Alors que le secteur des transports est le plus émetteur de GES en France avec un tiers des émissions [2], évidemment qu’il ne faut plus investir dans des projets routiers, mais investir massivement dans les modes doux et les transports en commun.
Les scientifiques du GIEC [3] nous auront prévenus : nous devons engager des transformations "rapides" et "sans précédent". Faute de quoi cet été 2026 nous paraîtra bien frais quand nous serons en 2040.
L’autoroute A69 est décidément un exemple à ne pas suivre !