L’autoroute du Chablais (A412) : un projet climaticide

9 août 2026, par BdH

"L’année 2026 sera l’une des plus froides du reste de nos vies" nous alertent les scientifiques. En ces temps de canicule, ne devient-il pas plus urgent que jamais de limiter nos émissions de gaz à effet de serre (GES) ?
Ce n’est assurément pas l’avis des promoteurs du projet d’autoroute du Chablais (A412), qui devraient pourtant être alertés par les conséquences qu’aurait ce projet sur le climat. En effet, l’étude d’impact nous apprend que l’autoroute amènerait 10% d’émissions de gaz à effet de serre supplémentaires par rapport à une situation sans projet [1].
Ce chiffre est à mettre au regard des objectifs français de baisse des émissions de GES de 50% d’ici 2030 (par rapport à 1990) et de neutralité carbone en 2050.
Soyons clairs : ces 10% de GES supplémentaires ne sont pas à évaluer par rapport à une situation de stabilité des émissions, elle même déjà catastrophique (!) : non, ces +10% de GES sont bien à comparer avec les -50% de l’objectif français (et européen) de réduction des GES.
C’est-à-dire qu’avec ce projet d’autoroute, non seulement on va droit dans le mur sans enfoncer la pédale de frein, mais on appuie sur celle de l’accélérateur.
Alors que le secteur des transports est le plus émetteur de GES en France avec un tiers des émissions [2], évidemment qu’il ne faut plus investir dans des projets routiers, mais investir massivement dans les modes doux et les transports en commun.
Les scientifiques du GIEC [3] nous auront prévenus : nous devons engager des transformations "rapides" et "sans précédent". Faute de quoi cet été 2026 nous paraîtra bien frais quand nous serons en 2040.

L’autoroute A69 est décidément un exemple à ne pas suivre !

Notes

[1Voir l’Étude d’impact, volume 3, page 34 : "Le scénario projet entraîne ainsi une augmentation des émissions estimées à 250 000 tonnes de CO2 eq, soit environ 9 à 10 % de plus que la situation de référence."
Voir aussi l’avis de l’Autorité environnementale (Avis délibéré n° 2026-003 adopté lors de la séance du 27 mars 2026), selon laquelle le projet augmenterait les émissions de GES "de 286000 tCO2e, par rapport à des émissions de 2,7 Mt CO2e dans la situation de référence, soit donc une hausse de 10,5%."

[2Selon le Citepa : Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique

[3GIEC : Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat